Francois Piquet, art contemporain, Guadeloupe

     
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Kréyolizasyon

Résidence de sculpture sur pierre aux Lapidiales - été 2021
"Cultures caribéennes"

     
    Contacté en décembre 2020 par "Les Lapidiales" pour sculpter un bloc de pierre blanche de 2m30 de haut, sur le thème des cultures caribéennes, j'ai proposé d'assembler des éléments de culture et de temporalité différentes, significatifs de la créolisation inéluctable de nos sociétés, dans une forme de subversion.
     
    Cette année précisément, les grandes statues de pierre aux Antilles ont été au coeur de l'actualité : certains de ces monuments, "émanations du pouvoir blanc", représentations de "héros" occidentaux, ont été détruits, renversés, par un mouvement qui s'est aussi exprimé avec force dans le monde entier, sur la destruction des représentations des pouvoirs coloniaux.
Cette question de la statuaire dans l'espace public caribéen n'est cependant pas nouvelle, cela fait des années que la statue de Joséphine de Beauharnais est décapitée, sur la savane de Fort-de-France.
     
   

Étant moi-même un "blan-fwans" (un blanc de France) vivant depuis 20 ans en Guadeloupe, je ne peux donc aborder ce projet de sculpture monumentale en pierre blanche sans être très clair :

     
    Ma place, dans cette expression de culture caribéenne, c'est celle d'une expérience de créolisation.
     
    Je ne pourrai exprimer l'essence de cette culture (si tant est qu'elle est envisageable au singulier, tant la créolisation crée de particuliers), ou affirmer que je pourrai en formaliser des figures emblèmatiques, comme le soukounyan et le mofwazé guadeloupéens, comme le Baron Samedi ou Manmandlo haïtiens. Il faudrait pour cela que je les ai totalement et pleinement comprises et assimilées, et donc que j'ai eu les moyens le faire, notamment d'y être initié complètement. Ce dont je suis loin d'être sûr…
     
    Par contre, je suis certain que ces cultures caribéennes ont bouleversé mes systèmes de représentation, et que la créolisation dont elles sont issues est en cours dans toutes nos sociétés contemporaines.
Proposer de nouvelles formes pour une statuaire caribéenne, qui mettent en relation des éléments d'origines culturelles différentes, pour faire émerger des représentations imprévues, m'interesse énormément.

   
 

"Kréyolizasyon"

 

When i was proposed to carve this big white stone block at "Les Lapidiales" an international sculpture residency in France focusing this year on the caribean cultures, I was extremly clear : I can only express a creolisation experience.

       
   
       
   
       
 
       
  Taille directe "à la main", en public   Depuis 20 ans, de nombreux sculpteurs et sculptrices du monde entier sont venus faire tailler « à la main », sans outils électriques, les fronts de taille (les falaises des carrières ), puis des gros blocs de cette pierre exceptionnelle, pour créer cet endroit magique, très impressionnant.

Voir "Les Lapidiales"
       
 
       
  Au final, les visiteurs trouvent cet incongru mélange multi-culturel harmonieux, élégant, beau. Cela fonctionne.
Et en faisant le tour de la sculpture, je leur réserve des surprises, des éléments dramatiques qui rappellent que la créolisation ne se fait pas sans douleurs....
       
   
       
 
  J'ai réussi à conserver dans la sculpture la trace fossilisée d'un coquillage apparue pendant la taille, au milieu des épines de fromager...
       
       
       
  Making-Off   C'était mon premier gros bloc de pierre, j'ai heureusement pu bénéficier des conseils et des outils des nombreux tailleurs de pierre qui fréquentent "LES LAPIDIALES", et participent à l'association, pour réussir à finir cette sculpture monumentale. Une expérience unique, et très exigeante physiquement (attention aux tendinites) !
       
      Voir les autres blocs taillés des Lapidiales
Extraits de la visite des Lapidiales
       
 
      Deuxième jour : mon bloc, et ses voisins... Du lourd, du très lourd !!!
       
   
  Monique m'a prêté les outils d'Omar, sculpteur sénégalais qui a prévu de revenir aux Lapidiales... Ceux-là sont marqués d'un O, pour pouvoir les lui rendre.
Merci pour tous ces conseils (ces apprentissages plutôt) et ces prêts de matériel, qui m'ont permis de faire le boulot.
  Le bloc initial pesait 3,6 tonnes (230 x 80 x 80 cm, à 2,2t/m3).
J'ai dû en enlever environ 1,6 tonne, depuis les premiers blocs découpés à la scie (essayer de ne pas dépasser les 90 kg, sinon c'est compliqué à descendre), jusqu'à la poussière du lissage.
   
   
  La scie à pierre... On réfléchit à 2 fois avant de commencer une coupe...
Merci à Mathieu Pérrié qui m'a appris à m'en servir... Correctement.
  Et on tourne avec le soleil toute la journée, pour rester dans les meilleures conditions... De température et de visibilité...
       
   
  Petit à petit, on s'approche "du projet"... J'ai beaucoup appris quant au jeu des différentes textures, pour la lisibilité et la vie de la forme finale.
   
 
  3 hauteurs de travail possibles, plus le socle. Les planches servent aussi de rampe pour faire descendre (sans tout casser) les gros blocs lourds détachés à la scie.
   
   
  Pendant au moins deux semaines, certains visiteurs me demandent " si c'est bien une chouette que j'essaye de représenter ? " Sa té rèd ! Surtout quand on est en pleine galère, que la vision vous échappe... A sculpter en public, on se retrouve souvent confronté aux mêmes questions (on les entend avant de les voir) : " C'est tendre comme pierre, non ? (alors que toi tu n'avances pas dans le dégrossissage) ", " Vous mettez combien de temps ? ", " Vous sav(i)ez ce que vous allez faire ? " " Et ça représente quoi ? ". Le pire a été pour moi (plusieurs fois) : " Oh regarde, y'en a un qui travaille là-bas. Monsieur, monsieur, ouh ouh, vous pouvez vous tourner pour la photo ? ". Mais il arrive que quelqu'un pose une vraie question, et alors c'est le bonheur de la pause et d'une rencontre.
   
   
 

7 semaines à "éplucher" le caillou, pour ne pas fragiliser "le projet" en envoyant des ondes de choc vers l'intérieur du bloc.

       
       
       
       
  « Les Lapidiales »
Résidence internationale de sculpture
  Depuis 20 ans, de nombreux sculpteurs et sculptrices du monde entier sont venus faire tailler « à la main », sans outils électriques, les fronts de taille (les falaises des carrières ), puis des gros blocs de cette pierre exceptionnelle, pour créer cet endroit magique, très impressionnant.

L'accès est libre et gratuit toute l'année, avec de nombreux évènements culturels (ateliers, rencontres, concerts, théâtre, cinéma) axés sur la région à l'honneur, et les visiteurs peuvent voir les sculpteurs à l'ouvrage et échanger avec eux.
       
  Lapidiales 2021 : cultures caribéennes   « Les Lapidiales » ont accueilli à l'été 2021 5 artistes de la Caraibe pour une résidence de sculpture de 7 semaines dans un cadre extraordinaire d'anciennes carrières de pierre exploitées depuis plus de 2000 ans, en forêt de Charentes Maritimes : Aramis Justis (Cuba), Hervé Beuze (Martinique), Johanne de Azevedo(Guadeloupe), Jesus Nonato Barron (Mexique) et François Piquet (Guadeloupe).
Un sculpteur "français" complète la résidence de 6 artistes sur la Caraïbe, Mathieu Harzo.
   
 
  Fin de journée à la maison des Pierreux de Crazannes, avec : Hervé Beuze, François Piquet, Johanne de Azevedo, Mathieu Pérrié, Rebecca Caton, Aramis Justis.
       
   
  Johanne de Azevedo et sa sculpture "Vibwasyon".    
       
   
  "Fleur coloniale", sculpture d'Hervé Beuze    
       
   
  "Anakaona", sculpture 2021 de Mathieu Harzo   "Oiseaux marins" d'Aramis Justis (Cuba)
       
   
  "Oiseaux marins" d'Aramis Justis (Cuba)   Sculpture de Jesus Nonato Barron (Mexique)
       
       
       
  « Les Lapidiales »
Résidence internationale de sculpture
  Depuis 20 ans, de nombreux sculpteurs et sculptrices du monde entier sont venus faire tailler « à la main », sans outils électriques, les fronts de taille (les falaises des carrières ), puis des gros blocs de cette pierre exceptionnelle, pour créer cet endroit magique, très impressionnant.

L'accès est libre et gratuit toute l'année, avec de nombreux évènements culturels (ateliers, rencontres, concerts, théâtre, cinéma) axés sur la région à l'honneur, et les visiteurs peuvent voir les sculpteurs à l'ouvrage et échanger avec eux.
 

 

       


François Piquet, 169 rue Lethière, 97180 Sainte-Anne, Guadeloupe - +590 (0)590 47 08 94 - +590 (0)690 36 86 24
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